25/02/2021

le modernisme a assèché les lavoirs d’antan.jpg

Traditionnellement, le petit patrimoine est représenté par l’ensemble des édifices non classés au répertoire des monuments historiques. À titre d’exemple, les moulins, chapelles, pigeonniers, fours à pain, s’inscrivent dans cette catégorie. Pour les territoires campagnards, le terme patrimoine s’accompagne de l’adjectif rural, d’où l’expression conventionnelle de "petit patrimoine rural".
Dans la commune, ce vaste domaine, particulièrement riche et diversifié, contribue à valoriser l’identité du territoire et à mémoriser l’histoire patrimoniale locale, à l’image, entre autres, des lavoirs publics. Ces petits édifices nous plongent dans un passé qui n’est guère lointain, où la fréquentation des lieux était exclusivement féminine, avec, comme fonction sociale, des séquences mémorables de partage, de rencontres et d’échanges.
L’âge d’or des lavoirs communaux
Au nombre de trois, rivés aux berges de la rivière Lère, du ruisseau du Candé ou de la source des Marguerites, leur architecture standard, d’une grande sobriété, se fond dans un paysage verdoyant et aquatique.
Ici, faisant fi de courbes harmonieuses ou de volutes raffinées taillées dans la pierre du Quercy, ces édifices rustiques ont été construits grâce au béton, ce nouveau matériau apparu au début du XXe siècle.
Le plus grand des lavoirs communaux, alimenté par les eaux de la Lère, situé non loin du cœur du village, a été vraisemblablement édifié vers 1930. Quant aux deux autres, de dimensions plus modestes, le bavardage incessant des lavandières entre elles et les tapages puissants des battoirs sur le linge mouillé ne retentiront là qu’un quart de siècle plus tard.
Le grand lavoir, situé à quelques encablures du moulin de Poulidot, servait en priorité aux habitants du centre bourg. Autour des années "60", en raison d’une forte activité journalière, le cantonnier du village effectuait les vidanges hebdomadaires des bassins, contrôlant aussi le bon fonctionnement des vannes de débit.
Le déclin des bassins
Puis l’extinction progressive des lavages, à la fin des années "70", a effacé, de manière définitive, ce lieu de vie, animé par les cancans de lavandières loquaces et par la lourde sonorité des battoirs humides.
Une époque où la prise de conscience collective s’interroge sur les rejets de détergents et de lessives. Aussi, à la demande de la préfecture, des prélèvements fréquents sont effectués pour le contrôle bactériologique des eaux de la Lère avec, en filigrane, la question : "Comment laver sans polluer ?". Les notions de préservation de l’environnement et de protection du milieu aquatique émergent, activées par différents mouvements écologiques naissants.
À partir des années "60", la lessiveuse, puis la machine à laver, investissent progressivement tous les foyers, asséchant en quelque sorte les bassins. Aujourd’hui, autour des lavoirs, ambiance et clameur se sont tues à jamais. La quiétude des lieux invite désormais à la flânerie.

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